Marianne Trudel

pianist, composer, improvisor, arranger

piano [at] mariannetrudel.com

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Marianne Trudel: musicienne avec un M gros comme ça

by Alain Brunet in La Presse (Québec), June 21, 2008 [128]

Cette femme ne manque pas d’énergie, c’est le moins qu’on puisse dire: 30 ans, pianiste, improvisatrice, compositrice, arrangeuse, leader d’orchestre de toutes tailles, le don d’ubiquité. Impliquée à fond dans l’Off Festival de jazz de Montréal, et ce depuis quatre ans, Marianne Trudel respire et exhale toutes les fréquences qui viennent à ses oreilles.

«Pianiste? Compositrice? Arrangeuse? Leader? C’est la même chose pour moi. Je suis musicienne avec un M.»

Un M gros comme ça, est-on tenté d’ajouter, à la voir aller. Lorsqu’elle était enfant, à Saint-Michel de Bellechasse, sa gardienne jouait de la musique traditionnelle au piano. Elle a été éblouie. Très tôt dans son existence, Marianne Trudel a associé la musique au bonheur pur. À 5 ans, elle a demandé à ses parents d’apprendre le piano. Voyez où elle est rendue.

Après avoir fait le conservatoire à Québec, elle a été frappée d’une mononucléose au moment où se déroulaient les auditions montréalaises en interprétation classique. Elle pouvait alors se rabattre sur le programme de jazz au cégep Saint-Laurent, elle a décidé d’essayer. Et alors… elle est “tombée en amour” avec ce genre musical qu’elle chérit toujours.

Puis un bac en jazz à McGill, puis une maîtrise en ethnomusicologie à l’UdeM, bientôt un doctorat en composition sous la direction du compositeur Denis Gougeon. Et l’on ne compte pas plusieurs tournées canadiennes effectuées au cours des dernières années, deux CD, deux participations à l’Off cette semaine (5e Route bleue et Cantouque), plusieurs directions d’ensemble et un nouveau projet en septuor, présenté ce soir au Lion d’or. L’automne dernier, on l’a même vue accompagner avec brio la grande chanteuse irakienne Farida Mohamed Ali au Festival du monde arabe… À croire que sa crinière crépue est branchée en permanence sur le 220!

«Ce projet en septuor, explique-t-elle puisqu’il faut parler de ce soir, consiste à réunir des artistes avec qui j’ai travaillé de façon sporadique et qui, je crois, travailleraient bien ensemble. C’est vraiment une combinaison de personnalités musicales et humaines. Plus improvisé que celui-ci, mon projet précédent en quintette comportait une section rythmique et deux saxophones. Alors que cette fois, j’avais vraiment envie de cuivres: cor (Jocelyn Veilleux), trompette (Lina Allemano, de Toronto), trombone (Jean-Olivier Bégin, Québécois qui vit à New York), voix (Anne Shaefer, de Victoria), contrebasse (Normand Guilbeault), batterie (Jim Doxas) et piano.»

Pour décrire ce septuor qu’elle ne qualifie pas tout à fait de jazz (ou off jazz), Marianne Trudel se creuse les méninges.

«J’ai du mal avec les étiquettes. Il y a une place pour l’improvisation, mais cette musique est très écrite et comporte beaucoup d’influences issues de la musique classique, autant dans l’harmonie que dans les mélodies. J’aime particulièrement Chopin, Brahms, Mahler, Richard Strauss, la fin du XIXe et le début du XXe. J’utilise davantage le mot jazz parce que j’aime l’improvisation dont le jazz est la porte d’entrée. En autant qu’il y ait une part pour l’impro, je suis heureuse.»

«Cela dit, je ne me sens pas exactement une pianiste de jazz. Pour moi, la musique exige une approche globale. Par exemple, j’aime les effets modernes d’orchestration dans les grands ensembles — en ce sens, Maria Schneider et Gil Evans sont parmi mes compositeurs préférés. Et j’écoute beaucoup de chansons; pour moi, la mélodie vient en premier et structure tout.»


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Marianne Trudel: zone libre

by Sarah Lévesque in SOCAN, Paroles & Musique (Canada), March 21, 2008 [127]

Marianne n’a rien de l’image clichée que l’on se fait de la compositrice jazz. Elle est jeune, électrique comme ses cheveux, contemporaine comme son jeu de piano. À peine trente ans, elle compte déjà deux albums qu’elle produit de façon indépendante, sans étiquette de disque. Un premier en piano solo intitulé Espaces Libres et un deuxième enregistré principalement au Lion d’Or en mode quintette, Sands of Time. Deux preuves concrètes de la vitalité de la demoiselle qui ne perçoit pas de frontières à la musique. «Je suis avant tout une musicienne et non une pianiste jazz . Avant l’âge de 17 ans, je n’avais jamais touché au jazz. Et je suis allée vers cette musique car j’aimais l’improvisation, son aspect spontané. Point à la ligne. Aujourd’hui, c’est pourtant un mot délicat puisque ça réfère, pour plusieurs, à quelque chose de stiff, issu d’une autre époque, comme s’il s’agissait d’une musique morte. Alors que pour moi, c’est très vivant tout ça.»

Celle qui amadoue le piano à l’âge de cinq ans révèle par son parcours cet esprit tout-terrain qui s’aventure sans peur, ni limite de genre. Comme si chaque expérience lui permettait de révéler une nouvelle partie de son jeu de piano, de ses envies de compositrice. En plus d’avoir étudié la musique jazz à l’Université McGill et l’ethnomusicologie à l’Université de Montréal, elle n’hésite pas à plonger dans la musique argentine auprès de Juan Carlos Caceres, à entreprendre un séminaire sur la musique d’orchestre symphonique à Los Angeles ou encore d’auditionner comme pianiste pour Charles Aznavour. Agile, elle obtient le mandat d’accompagner le chanteur de «La bohème» dans sa tournée québécoise en 2002, une expérience phare où elle prend quelques notes. «Il m’a appris à embrasser la scène. Aussi, je serais incapable de ne faire que de la composition. J’ai un besoin fondamental de la scène.»

Si Marianne Trudel et ses compositions inspirent une vision de la musique unifiée (et non sectorisée), c’est sans doute en raison du vecteur improvisation. À l’amont de toutes compositions n’existe-t-il pas avant tout une improvisation inspirée, épuré, rassemblé? «C’est un peu le débat autour de l’œuf et de la poule (…) Pour moi, mes compositions m’habitent en premier au piano. Je ne compose pas à la table, bien que j’écrive ensuite. Et on dit dans le milieu qu’une composition est une improvisation lente. Selon moi, les deux vont de paires. Je donne parfois des ateliers à des jeunes musiciens qui ne font pas d’improvisation et je trouve ça très important de leur enlever les partitions pour qu’ils réalisent qu’ils ont la musique à l’intérieur d’eux.»

Montréal, une ville jazz?

En matière de jazz, Montréal vit depuis longtemps son propre petit paradoxe. Bien que le Festival International de Jazz de Montréal attire des foules en raison de sa solide réputation, la scène jazz montréalaise peine pourtant à obtenir presse à l’année longue et par conséquent, à fidéliser un public. Aussi, Marianne Trudel s’organise, prépare des tournées canadiennes, européennes. Tisser des liens avec d’autres musiciens est aussi une façon de se créer un réseau, d’animer son art.

(…)

Mais ce serait mal connaître Marianne Trudel que de croire à un quelconque découragement. Tout au contraire, il faut la voir ouvrir grand les yeux, remonter ses manches devant ces nouveaux défis, que ce soit comme interprète ou comme compositrice de jazz, de musique contemporaine ou même de chanson qu’elle amadoue tout dernièrement avec le jeune auteur compositeur interprète Éric Bélanger. La vie n’est-elle pas un beau grand voyage?


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Sands Of Time: les qualités de Marianne

by Alain Brunet in La Presse (Québec), October 21, 2007 [125]

La pianiste Marianne Trudel avait déjà imaginé le contenu de Sands of Time depuis un moment — ce disque enregistré en concert au Lion d’Or en 2006. Nous avons ici affaire à une formation très bien dirigée par l’improvisatrice et compositrice.

Hormis ses qualités évidentes de leader, les forces de Marianne Trudel sont du côté du goût, de la sensibilité, de l’imagination et d’une audace un tantinet contenue. Sans être virtuose, son jeu de piano se démarque essentiellement pour ces qualificatifs, jeu auquel la musicienne s’adjoint un ensemble des plus cohésifs — les saxophonistes Rob Mosher (également hautboïste) et Jonathan Stewart, le contrebassiste Morgan Moore, le batteur Robbie Kuster. Voilà donc une belle proposition de jazz moderne et diversiforme — variété de rythmes, styles, choix harmoniques, arrangements, etc. Malgré quelques ornements atonaux et arythmiques, ce Sands of Time me semble somme toute très digeste pour tout mélomane désireux d’en connaître davantage sur la grande qualité de notre jazz local.


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Critique de disque

by Stanley Péan in Voir (Québec), October 18, 2007 [124]

Enregistré au Lion d’Or à l’occasion de L’OFF Festival de Jazz 2006, Sands of Time illustre avec éloquence que non seulement le temps a filé mais que, comme un grand vin, la musique de la jeune pianiste ne cesse de gagner en profondeur et en maturité. Comme sur son premier opus, Espaces libres, enregistré en solo, Marianne Trudel se révèle une compositrice audacieuse et une improvisatrice aux idées originales. À ses côtés, les saxophonistes Rob Mosher et Jonathan Stewart déploient également leurs ailes sur des mélodies tantôt contemplatives, tantôt débridées, avec le soutien du contrebassiste Morgan Moore et du batteur Robbie Kuster. Dans une configuration changeant selon les pièces (trio, quartette ou quintette), l’ensemble fait preuve d’une cohésion remarquable.


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Podworthy: Vol d’essai

by Irwin Block in The Gazette (Québec), October 18, 2007 [126]

Pianist Marianne Trudel weaves classical influences into a modern jazz context that includes various styles of free improvisation on this second CD under her name. It is a showcase, combining five pieces, recorded live with her band at the Lion d’Or during last year’s Off Festival de Jazz, with three in the studio. Trudel is at her best on ballads like Vol d’essai, where we hear her sensitive and sensible voice. Parcours, lasting 15 minutes, is the most substantial piece, displaying solid arranging and improv talents. Sur la route, built around a samba rhythm, is a lighter piece showing her versatility — it won the Galaxie award for best new composition at this summer’s Montreal International Jazz Festival.

Rating 4 — Wonderful


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Au rayon du disque

by Félix-Antoine Hamel in La Scena Musicale #13:2 (Québec), October 1, 2007 [123]

Après un remarquable premier album en solo (Espaces libres), la pianiste montréalaise Marianne Trudel nous revient avec un second opus, également autoproduit. Entouré des saxophonistes Jonathan Stewart et Rob Mosher (celui-ci joue également du hautbois), du contrebassiste Morgan Moore et du batteur Robbie Kuster, Trudel présente sur Sands of Time une suite de compositions originales, enregistrées en partie au Lion d’Or lors de l'édition 2006 de L’Off Festival de Jazz de Montréal. Cultivant un goût pour les mélodies empreintes d’un certain lyrisme, la pianiste fait transparaître dans son jeu les influences de Keith Jarrett et de Paul Bley. Sur les pièces en quintette, notamment Parcours, pièce de résistance du CD de plus de 15 minutes, le soprano shortérien de Mosher fait merveille. Entre les performances du groupe, quelques pièces en trio (dont l’espiègle Mots d’hivers) et une interprétation solo viennent varier le ton. Sur la route, composition lauréate du concours du FIJM, est interprétée par le quartette (sans Mosher) et rappelle les thèmes dansants composés dans les années 1970 par Keith Jarrett pour son quartette européen. Musicienne curieuse, friande de rencontres de toutes sortes, Marianne Trudel semble avoir trouvé sa «voix» ici, mais souhaitons tout de même qu’elle nous montre la pleine mesure de son talent en nous surprenant un peu plus dans une «voie» qui lui est propre.


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Playing the Links

by Mike Chamberlain in Hour (Québec), November 23, 2006 [122]

Marianne Trudel joins Mark Dresser and Lori Freedman for a celebration of interconnectivity

Pianist Marianne Trudel has been quite active on the Montreal creative music scene for the past couple of years. She plays around town regularly with her trio (including bassist Morgan Moore and drummer Robbie Kuster — you can catch them this month at a number of Maisons de la Culture in the city), she teaches at CÉGEP St-Laurent, she helps organize the OFF Festival de Jazz, and she is working on a master's degree in ethnomusicology, with a dissertation focusing on Chicago's Association for the Advancement of Creative Musicians. Besides that, she's studying composition for symphony orchestra.

"To a lot of people it seems really disconnected that I'm doing so many things," she says. "But to me, I see clearly why I do things, how it's connected — the AACM, the symphony orchestra, the jazz trio — I am interested in creativity and meeting people in a deep way. I'm interested in the links between the music and society and the way people interact."

One of those interactions has been with master bassist Mark Dresser, who came to prominence with Anthony Braxton's great quartet of the late 1980s and has been a significant artist on the creative music scene since then.

Trudel had a chance to play with Dresser informally at a workshop at the Vancouver Creative Music Institute in June 2005. Since then, they've kept in touch, with the idea of performing formally at some point.

Trudel has also been hoping to gig with clarinettist Lori Freedman, quite prominent herself lately with a new album on Ambiances Magnétiques, Lori Freedman 3, and a cover story in the current issue of Coda magazine.

Happily, these plans have come to fruition, and this week Trudel, Dresser and Freedman will join forces for what will no doubt be a very exciting program of original music.


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Faire sa marque

in Le Journal de Montréal (Québec), August 12, 2006 [121]

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Critique

by Gabriel Bélanger in SOCAN, Paroles & Musique #12:3 (Canada), September 1, 2005 [120]

La jeune Marianne Trudel possède une expérience et une maîtrise de son instrument peu communes. Elle a, entre autres, eu la chance et bien sûr le talent d’accompagner Charles Aznavour, et même de composer et arranger pour Bernard Primeau. Elle fait paraître un premier opus très bien réalisé, à la jonction du jazz et du classique. L’improvisation s’y ajoute à ses compositions élaborées qui m’ont beaucoup impressionné. Les mélodies sont créatives et savoureuses. À mettre entre toutes les mains.


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Art of the Trio

by Robyn Swanson in Regional Life (Canada), June 10, 2005 [119]

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L’OFF Festival de Jazz: l’aventure se poursuit

by Marc Chénard in La Scena Musicale (Québec), June 1, 2005 [118]

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Premier album pour une jeune créatrice

by Nicolas Fréchette in L’Express d’Outremont (Québec), May 13, 2005 [114]

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Riche intériorité

by Alain Brunet in La Presse (Québec), April 16, 2005 [104]

De prime abord, le disque solo de la pianiste Marianne Trudel peut être comparé à celui de Gonzales pour la délicatesse qui s’en dégage, pour la richesse de l’intériorité.

Si Gonzales fait dans un impressionnisme un peu trop proche d’Érik Satie, impressionnisme auquel il injecte des éléments de jazz primitif et de pop classique, la jeune pianiste montréalaise s’inspire aussi d’oeuvres pianistiques créées au tournant du siècle précédent. Or, dans le cas de Marianne Trudel, le tournant musical du siècle précédent est (parfois) mis au service du jazz, et ce jazz solitaire est à la fois accessible et moderne. Les harmonies et le contrepoint ne s’y limitent certes pas au primitivisme du genre ou encore aux concepts de Broadway reconstruits par les jazzmen au fil des années 30, 40 et 50. La pianiste se permet même des incursions contemporaines dans les miniatures En amont et En aval qui émaillent ces 42 minutes et 40 secondes. Qui plus est, la musicienne a eu la sagesse de ne pas relever des défis techniques hors de sa portée, d’où l’impeccable livraison d’une musique relativement simple (dans un contexte jazzistique, entendons-nous bien), mais assez substantielle pour nourrir bien des âmes. *** 1/2


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Des atouts dans son jeu

by Alain Brunet in La Presse (Québec), April 10, 2005 [117]

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Spins: Espaces libres

by Dean Cottrill in Ottawa Xpress (Canada), March 17, 2005 [103]

Trudel weaves some intriguing Freudian slips of the fingers in with some sprightly tonal essays that evoke the work of Jarrett at times (Ciel variable and Sur la route). A grand piano is a heavy solo instrument, but she takes it places it hasn’t quite been before, passing fluently from spacey atonal fields of sound to more rhythmic inside confines. The miniature improvs (En amont 1-5) act as buffers between the more lengthy compositions, lending an edginess to the overall mood. Her sources in part derive from an eclectic resumé, having worked with artists as varied as Charles Aznavour and Juan Carlos Caceres, as well as composing for Bernard Primeau’s Jazz Ensemble. In all, it seems to cast something of a Debussian Nocturnes or Preludes shadow. ****


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La liberté comme inspiration

by Louis-Charles Mignot-Grenier in Quartier libre sur le web #12:12 (Québec), February 23, 2005 [105]

Comme sa musique, Marianne Trudel est vive, passionnée. Boursière du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, elle étudie maintenant en ethnomusicologie à l’Université de Montréal. Le 1er février dernier, elle sortait un premier album, Espaces libres, produit et réalisé par elle-même. À 25 ans, elle est invitée par Charles Aznavour à l’accompagner au piano lors d’une tournée. Elle a donné des concerts en Europe et au Canada.

À Quartier Libre: Pourquoi avoir intitulé ton CD Espaces Libres?

Marianne Trudel: Le premier aspect est artistique. Comme j’ai produit et réalisé l’album moi-même, j’avais envie de me laisser toutes les libertés. Au niveau musical, je ne voulais pas m’ancrer dans un créneau très précis. Ainsi, on y trouve du jazz, mais aussi des influences de la musique classique, de la musique du monde et de la musique actuelle. Le deuxième aspect concerne la nature. Il y a un fil conducteur dans l’album. Les notions de nature, d’espace et de liberté sont importantes pour moi. Voilà pourquoi le CD se nomme Espaces Libres.

QL: Pourquoi le jazz?

MT: Mon parcours n’est pas seulement jazz. J’ai d’abord étudié la musique classique au conservatoire de musique de Québec. Ensuite, j’ai étudié au Cégep de Ste-Foy en musique classique. C’est par la suite que j’ai décidé de bifurquer vers le jazz. Vers l’âge de sept ou huit ans, dans mes cours de piano, j’adorais improviser. Je suis donc allée en jazz principalement pour l’improvisation et la liberté qu’offre cette musique. L’improvisation offre aussi une très grande créativité.

QL: Que t’apportent tes études en ethnomusicologie?

MT: Ces études me permettent de situer la musique dans son contexte. J’ai toujours aimé la philosophie, l’histoire, la sociologie. En ethnomusicologie, on aborde la musique par rapport au rôle qu’elle joue dans la société. On l’aborde donc de façon historique, sociale, on regarde sa relation avec la politique. On regarde la musique autrement que comme un langage musical.

QL: Qu’est-ce que les différentes bourses reçues t’ont permis de faire?

MT: Cela m’a permis de former, entre autres, un ensemble de quinze musiciens avec un quatuor à cordes, des cuivres… Ç’a été une belle expérience de direction d’orchestre et d’écriture. Ces bourses m’ont aussi permis de faire un séjour à Paris pour aller étudier le tango et l’histoire de la musique argentine, avec Juan Carlos Caceres. Enfin, j’ai fait un stage au Centre des arts de Banff en Alberta. J’ai été privilégiée.

QL: Qu’est-ce que ça fait d’être remarquée par Charles Aznavour et de jouer avec lui?

MT: Cela a été une surprise complète pour moi. La première fois que je suis allée à Paris, c’était pour découvrir cette ville. Après deux mois à Paris, Juan Carlos Caceres, que j’ai rencontré, a aimé la façon dont je jouais. Il m’a proposé de faire une audition pour Aznavour qui cherchait alors un pianiste. Je suis allée à l’audition en me disant que je n’avais rien à perdre. J’y suis allée et tout s’est très bien déroulé. Aznavour m’a alors proposé de partir en tournée avec lui…au Canada! Ce fut une super belle expérience.

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Improvisation libre

by Denys Lelièvre in Voir (Québec), February 17, 2005 [113]

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Notes de jazz

by Christophe Rodriguez in Le Journal de Montréal (Québec), February 12, 2005 [112]

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A Tale of Two Pianists

by Paul Serralheiro in La Scena Musicale (Québec), November 22, 2004 [102]

Jazz musicians in Montreal come in different stripes. Take Marianne Trudel and Holly Arsenault, for example, two Montreal pianists and composers. Although they had the chance to play duets together at the 2000 Jazz Workshop in Banff, they do not usually work in the same circles. Coming from varied musical and cultural backgrounds, each displays a highly individual style, as can be heard in their recent first disc releases.

Marianne Trudel’s solo effort, Espaces Libres, is a distinct pastiche of her influences — French lyricism, clear rhythmical strains derived from listening to artists like Keith Jarrett, free improvisation and the wide-ranging melodicism of world music. Initially trained in classical music, Trudel was soon drawn to jazz, even though she admits she “never fit into the jazz mould.” What attracted Trudel, was the improvisational aspect of composition: “I liked to compose, to sit down and fine-tune musical ideas,” she explains. Still in her twenties, Trudel is currently working on a Master’s degree in ethnomusicology at the University of Montreal, and has some interesting formative experiences behind her. These include playing with Charles Aznavour in France, and writing arrangements for Altsys, Hugh Fraser and Bernard Primeau. She has rubbed shoulders at the Jazz Workshop in Banff with people like American trombonist George Lewis and Dutch drummer Han Bennink, and plans to work with Paul Rucker, a Seattle-based musician whom she met there. In addition to all this, Trudel, originally from Saint-Michel-de-Bellechasse near Quebec City, has recently been honing her skills as an accordionist, since, she explains, “I love the breath aspect of the instrument. It adds a whole other dimension to the playing.” Finally, political involvement is also a concern: “I have always been interested in the links between music and identity, and I’d like to do music for films that are socially engaged, things like documentaries about environmental issues.”

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Pianiste militante à ses heures

by Anne Drolet in Le Soleil (Québec), September 2, 2004 [101]

La pianiste Marianne Trudel donnera dimanche un concert au Carrefour mondial de l’accordéon de Montmagny, qui débute aujourd’hui.

Plus qu’une simple interprète, la pianiste Marianne Trudel compose ses propres mélodies. Inspirée par la nature, l’environnement et les changements dans les valeurs sociales, la jeune femme de 27 ans saupoudre ses pièces de ses idéaux militants.

Marianne Trudel n’est pas née dans une famille de musiciens. Pourtant, l’artiste originaire de Saint-Michel de Bellechasse a été exposée à la musique dès sa tendre enfance. C’est sa gardienne qui lui a insufflé sa passion pour la mélodie, alors que la petite n’avait que deux ou trois ans. Cette dame animait des soirées dansantes et s’exerçait au piano devant la jeune Marianne. «J’ai tout de suite associé musique à joie de vivre», relate l’artiste.

Ses parents ont donc décidé de l’inscrire à des cours de piano privés lorsqu’elle avait six ans. Elle commencera le conservatoire six ans plus tard, puis viendra le cégep, l’université. Après avoir décroché son bac en interprétation piano jazz en main, Marianne Trudel décide de partir en Europe en janvier 2002, «un peu sur un coup de tête».

Un premier voyage qui lui permettra de se joindre à l’équipe de Charles Aznavour pour une tournée… au Québec! Marianne Trudel s’esclaffe. Son rire puissant et franc tranche l’air. Quelle ironie du sort, se rappelle-t-elle. La pianiste était tombée en amour avec Paris et n’avait pas l’intention de revenir avant plusieurs mois. Aujourd’hui, par contre, elle désire rester dans la Belle Province.

Militante

Très tôt dans son cheminement, c’est la composition qui l’a intéressée. Sans avoir la prétention de diffuser un message dans ses pièces, son côté militant en dirige l’écriture en partie. «La nature m’inspire beaucoup, mais aussi tout ce qui se passe dans le monde». Elle parle de ses peurs pour l’environnement, de la société de consommation. Elle dit être sortie dans la rue pour faire valoir son opinion sur la culture, le Suroît ou des projets qui menacent ce fleuve qu’elle affectionne tant. «Des fois je me demande ce que ça donne, mais oui, je m’implique». D’ailleurs, un des poèmes publiés dans le livret de son premier disque est à saveur environnementaliste. «Le vent s’essouffle, la forêt meurt, le fleuve rage», récite-t-elle.

Tout ce qui l’habite peut devenir le sujet d’une composition. «Ça part de rien, ça peut être une conversation dans le métro, le regard de quelqu’un pour une autre personne».

Premier disque

Lorsqu’il lui est venu le goût d’enregistrer son premier disque, Marianne Trudel n’a pas attendu la collaboration d’une maison de disques. Elle s’est lancée, tout simplement. «J’ai porté tous les chapeaux», explique-t-elle. Faute d’avoir signé avec un distributeur officiel, Trudel est consciente que son œuvre ne sera peut-être qu’«un truc local, pour l’instant».

Mais peu importe, l’important c’est qu’elle a atteint son but. Elle tient maintenant Espaces libres dans ses mains. Seize pièces originales, dix compositions et six improvisations. Deux cours textes de son cru accompagne aussi l’album. Le premier fait l’éloge du silence «cette denrée rare» dans un monde où les gens sont toujours hyperstimulés, raconte Trudel. Paradoxal pour une musicienne ? Il semble que non. «Ça transpire dans l’album, c’est assez aéré. Je n’ai pas voulu surcharger».

Bien qu’aucun de ses écrits n’ait encore été mis en musique, l’auteure envisage la rencontre des deux arts, mais pas tout de suite. Elle a aussi d’autres projets, dont celui de composer de la musique de film, pour des documentaires plus spécifiquement. «Pour faire la jonction entre mes préoccupations et mes occupations», philosophe-t-elle.

Marianne Trudel participera au 16e Carrefour de l’accordéon de Montmagny, qui commence aujourd’hui. Elle jouera en duo avec l’accordéoniste français Didier Ithursary dimanche à 20 h. Adepte de cet instrument depuis son enfance (encore l’influence de la gardienne probablement), Trudel admire beaucoup ce musicien français. Et elle ajoute qu’elle adore le festival. «Il y a du monde de partout, l’ambiance est superbe!». La voilà donc ravie de pouvoir être plus qu’une spectatrice cette année.

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Wheeler’s Music Spoke Volumes

by Doug Thiessen in Rocky Mountain Outlook (Canada), May 27, 2004 [111]

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Spellbinding Jazz Leaves Audience Shouting for More

by Doug Thiessen in Rocky Mountain Outlook (Canada), May 20, 2004 [110]

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Concert jazz au centre Calixa-Lavallée

by Alain Perron in Journal Le Plateau (Québec), September 15, 2002 [109]

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Retour de son: Juan Carlos Cáceres

by Catherine Morency in Voir (Québec), June 20, 2002 [106]

Le tango aux mille visages

De retour après une flamboyante tournée solo, Juan Carlos Cáceres était cette fois entouré de deux acolytes, l'accordéoniste Didier Ithursarry et le percussionniste Marcello Russillo, afin de partager avec un public fidèle les sublimes compositions de son dernier album, Toca Tango. Loin d'amenuiser la portée intimiste de la musique du maestro, ils ont su y ajouter les accents jazz et latins qui font du tango une musique plus vivante et endiablée que les versions commercialisées que nous trouvons généralement sur les rayons des disquaires. Au gré des commentaires tantôt drôles tantôt plus graves de Cacérès, nous avons vogué à travers les époques et les révolutions du tango, découvrant les moindres facettes d'une culture des plus foisonnantes: milonga, murga et candombé, différents airs pour faire vibrer une salle séduite par la voix rauque et sensuelle du pianiste aux mains de feu. Inépuisable, il nous a même offert un étonnant tango à quatre mains, partageant le piano avec une jeune musicienne à surveiller, Marianne Trudel.


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Cáceres, mémoire vivante du tango

by Régis Tremblay in Le Soleil (Québec), June 13, 2002 [108]

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Aujourd’hui encore

by Marie-Christine Blais in La Presse (Québec), April 16, 2002 [107]

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